Journée pour un internet plus sur

Ce 7 février était la journée consacrée au Safer Internet Day, l’occasion de parler d’accompagnements des jeunes aux usages d’internet. Ce type d’évènement a le mérite par sa portée internationale de mettre en lumière les espaces Publics Numériques dans leur rôle de pôle-ressource autour de l’éducation aux usages d’internet par les jeunes.

L’accompagnement ça s’apprend…

L’accompagnement aux usages numériques des jeunes demande un fort investissement  pour les médiateurs numériques. Le premier écueil est de gommer les préjugés des adultes autour de l’enfant dieu de l’informatique. Le deuxième écueil est de gommer le postulat « Internet mère de tous les vices et fléaux de la société ». En ce sens l’intervention de Serge Tisseron dans le tchat vidéo organisé le 7 février est particulièrement claire : « Internet est une formidable machine à faire mieux tout ce que vous faites sans internet. Comme créer du lien.A l’inverse si vous n’aimez pas vous montrer, internet renforcera encore plus cette façon d’être. Un enfant bien accompagné dans sa vie fera bon usage d’internet. Un enfant qui aura été mal accompagné, mal traité… fera un mauvais usage d’internet.Internet ne crée pas le harcèlement, mais développe l’emprise des harceleurs.Il faut faire un bon usage de cet outil. »

Quand je suis sollicité pour intervenir dans une structure pour les jeunes (collège, mjc, foyer, éducation spécialisée), je demande  systématiquement d’effectuer une sensibilisation auprès des adultes référents. La médiation numérique pour moi c’est ça. Donner les clefs de lecture aux adultes référents pour qu’ensuite ils puissent s’en ressaisir avec les enfants dont ils ont la charge. C’est là que la formation du médiateur numérique fait toute la différence aussi. Se former, s’informer sur les pratiques numériques des jeunes est un travail de fourmi, demandant une part importante de veille. Recontextualiser ses acquis à destinations d’un public c’est la définition de médiation, quant à numérique cela paraît évident. Cette posture n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des médiateurs du livre. En tout cas c’est comme cela que je conçois mes missions et c’est ce qui m’a fait choisir le vocable « médiateur numérique » en lieu et place de « animateur multimédia »..

Mais pas partout

Aujourd’hui mes principaux freins dans mon travail de médiation numérique sont administratifs. Ce 7 février, je rencontrais des écoles primaires qui souhaitaient pouvoir mettre en place des actions de sensibilisation aux usages d’internet à destination des Cours Moyens et des parents. A aucun moment, il m’a été demandé mes qualifications ni même ce que je pouvais proposer. La seule question qui s’est posée était de savoir si j’étais accrédité par l’Éducation Nationale ou non.  Je m’étonnerais toujours que cela soit le parcours du combattant pour réaliser une intervention dans une école. Au-delà d’avoir une équipe pédagogique qui aurait inscrit cette préoccupation dans son projet d’école (rappelons au passage l’existence du B2i), il faut ajouter un montage administratif complexe pour une intervention. En ma qualité de médiateur numérique, je n’ai pas le droit d’intervenir. Le fait que le sois employé par la commune, que je gère un Espace Public Numérique labellisé NetPublic n’a aucune incidence. Par contre, il est possible de faire appel à une association à portée nationale (qui n’a pas d’antenne locale et qui évidemment demandera a minima la prise en charge des frais de déplacement). Le plus absurde, c’est que la dite association pourrait très bien m’engager (à la vacation) pour que cela moi qui réalise l’intervention.

La simplification administrative a encore des marges de progression. Sinon, il reste aussi l’option de créer une association nationale des médiateurs numériques. Des volontaires ?

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