Médiations Numériques et Open Data

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« C’est le rôle des Espaces Publics Numériques que d’accompagner les citoyens sur l’opendata ». Voilà une position qui aura fait consensus aux rencontres « Médiations Numériques et Open Data » organisées par ArsenicPaca. Cette position est d’autant plus intéressante qu’elle est un curseur fort de l’évolution du métier.

Changement de fractures

Dans son allocution vidéo, Bernard Benhamou (Délégué aux Usages de l’Internet) rappelle combien les espaces Publics Numériques ont évolué. Pour les EPN mis en place il y a une dizaine d’années, la fracture était essentiellement une fracture liée à l’équipement des ménages, ce qui est de moins en moins vrai puisque 80 % de la population dispose d’une connexion internet. Cette fracture a naturellement évolué vers une demande en formation aux basiques de l’informatique (traitement de texte, navigation). Encore aujourd’hui ces basiques sont très demandés, particulièrement par les populations les plus éloignées du numérique (demandeurs d’emplois et plus de 70 ans typiquement). Cette deuxième fracture est d’avantage sociale, l’animateur jouant un véritable rôle d’agent de cohésion sociale sur son territoire. La notion de « médiation numérique » (appliquée aux Espaces Publics Numériques) a émergé en réponse à cette évolution (pour ma part, ce blog est ouvert depuis mai 2010 et auparavant la « médiation numérique » ne trouvait une définition que dans le champ des bibliothèques. Cf cet article de Silvère Mercier en mars 2010).

Le positionnement de l’Espace Public Numérique vis à vis de l’Open Data est particulièrement intéressant puisqu’il va s’inscrire dans une démarche de « recherche/action ». L’EPN va être de fait l’acteur du changement de la société par le biais de l’Open Data.

Un enjeu crucial ?

Les plus sceptiques peuvent légitimement se demander pourquoi cet enjeu si crucial va avoir si peu de moyen à sa disposition. La réponse est fort simple, personne n’a idée de ce nous pourrons faire avec des données libérées. Non seulement on ne sait pas ce que nous en ferrons, mais nous ne savons pas comment nous y prendre non plus. Et c’est à nous, simples animateurs d’espace public numérique qu’il incombe de changer la société. Pour ce faire, « on » compte sur notre bonne volonté et notre capacité à l’autoformation. Pour nous accompagner à ce changement majeur pour la société française, on met à disposition la veille (au demeurant excellente)  assurée par netpublic.fr . Pardonnez-moi de trouver cela un peu léger, surtout pour des professionnels qui vont devoir convaincre des élus. N’oublions pas en effet, que la libération des données est avant tout un enjeu politique.

Au-delà de cette évidence, c’est toute la capacité d’appropriation des enjeux du numérique qui se posent. Nos EPN sont tour à tour , fablab, infolab, tiers lieux, espace de coworking, hackerspace…Les animateurs doivent s’approprier le « Do It Yourself », l’imprimante 3D, les biens communs, la libération des données, l’internet des objets, sans oublier, les publics éloignés, les tablettes, smartphones et j’en oublie et tout ça pour quoi ?

Des cui/cae de six mois payés au smic…(Voir les offres d’emplois relayées par la Délégation aux Usages de l’Internet, une grande partie de ces emplois rentrent dans ce cadre).


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