J’interviendrais prochainement à La Rochelle dans le cadre de l’événement « Numérique en Communs Atlantique » intitulé Tous aidants. Le comité d’organisation a souhaité m’interroger plus particulièrement sur comment protéger les aidants numériques et les citoyens. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte dans les réponses à apporter. Beaucoup ont rapport avec le périmètre, la posture et le statut du médiateur numérique.

Périmètre et publics

Quand on parle d’aidants , on parle de publics en difficulté. Être aidant signifie assumer, de façon permanente ou irrégulière, la charge d’une personne en perte d’autonomie, quelle qu’en soit la raison. L’aidant n’a pas vocation à obtenir des résultats ni à travailler sur l’autonomie de la personne aidée. Cette mission est dévolue à un éducateur spécialisé, qui, lui, est diplômé. Parfois, cet éducateur est même mandaté en ce sens par une institution. En tout état de cause, l’éducateur est spécialisé dans la typologie des publics auprès desquels il intervient. Le plus souvent, c’est lui qui choisit les publics au près desquels il travaille.

En médiation numérique, il n’en est rien. L’aidant doit travailler sur tous les types de publics, pour toutes les situations dans une logique d’inclusion numérique. Le plus souvent, il n’a reçu aucune formation ni à l’accompagnement social, ni même aux outils sur lesquels il intervient.

Posture et statut de l’aidant

Pour protéger au mieux le citoyen aidé, il convient que l’aidant soit qualifié.Il convient également de définir le cadre de son intervention ce qui va lui permettre d’adopter la posture adéquate. Pour ceci, il n’y a pas beaucoup de solutions, il faut s’appuyer sur un professionnel formé. Ce professionnel doit de plus évoluer dans un environnement bienveillant qui prend la mesure de son travail. Autrement dit, il faut que la structure se dote d’un projet social et d’un projet de fonctionnement. Dans ce projet, le numérique doit être un moyen pour atteindre les objectifs qu’elle s’est elle-même fixé. Ce moyen doit être intégré par l’ensemble de l’équipe et non être la spécialité d’une seule personne. En revanche, il faut tout en même temps s’appuyer sur le professionnalisme d’un médiateur numérique. Ce dernier aura sûrement comme mission première d’embarquer l’ensemble de l’équipe projets dans une feuille de route interne à court terme. Car en effet, il faut également avoir de la visibilité sur trois ans (minimum) pour écrire cette feuille de route interne. Inéluctablement, cela implique d’avoir les moyens structurels pour pouvoir travailler sereinement.  Tels sont les éléments qui permettent tant au médiateur qu’au citoyen d’être protégé.

Le constat est sans appel. Ces éléments sont rarement réunis

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