La Page Spotted des Médiateurs Numériques

Happy Valentine's Day!« O toi la jolie Médiatrice Numérique qui a animé le Diaspora Camp, sache que si tu veux recommencer, je te suivrais.. »

Le phénomène « spotted »  consiste à déclarer sa flamme à un inconnu de manière anonyme à travers un compte lui même anonyme. 90% du temps les messages laissés par les jeunes sont plutôt fleur bleue, mais parfois cela dérape et ce sont les dérapages qui inquiètent la communauté éducative (voir cet article du cafépédagogique).

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Internet coupable

JusticeSans aucune forme de procès, Internet en particulier et les mondes numériques en général ont été rendus coupables d’à peu près tous les maux de la terre. Cela fait à peu près trente ans que cela dure et à écouter les dernières sorties de nos responsables politiques, cela n’est pas près d’arrêter.

Rendez-vous en terre inconnue

Quand j’entends une Ministre pointer Amazon comme responsable de la fermeture de Virgin, ou une autre vouloir bannir le sexisme de Twitter, j’ai envie de revêtir mon costume de Frédérique Lopez pour les emmener en terre inconnue, le web. Il y a quelques temps, je pensais que la méconnaissance des monde numériques pouvait être liée à un décalage générationnel, ce qui n’est pas applicable au profil de nos deux ministres. Si on ajoute à ces raisonnements simplistes d’autres raisonnements du même acabit qui assimilent les joueurs de jeux massivement en ligne à des terroristes en puissance, je me demande pourquoi nos « responsables » politiques ne vont pas jusqu’au bout des choses en supprimant Internet. A force de prétendre, que la violence est liée au jeux vidéos, que les propos homophobes sont liés à Twitter et que la mort du commerce est liée à Amazon, il est peut être temps de faire preuve de responsabilités et de faire taire internet.

Régulation

Evidemment, nul n’est question de fermer les tuyaux, mais plutôt de les réguler. Avec des approches aussi poussées que « On ne peut pas laisser passer ça », l’idée est de faire entrer dans l’esprit du plus grand nombre, qu’il est en grand temps de réguler les contenus accessibles en ligne. Les arguments les plus populistes sont utilisés pour gagner l’adhésion du citoyen au nom du principe de précaution. Réguler Internet, l’internaute sait ce que cela signifie. C’est aller à l’encontre du principe fondateur d’internet d’une part, mais c’est surtout permettre à des sociétés privées de s’ériger en censeurs de la société. Les romans de cyberpunk que je lisais dans les années 80 sont en passe de devenir réalité. Ce positionnement montre l’importance d’éduquer aux mondes numériques. Et si l’Internet possède un côté sombre (ce que je reconnais bien volontiers) , il ne faut pas oublier tout ce qui fait sa force.

Réguler le web c’est entrer dans un processus similaire que la Chine ou la Syrie pour ne citer que deux états en pointe dans ce domaine. Réguler le web, c’est réguler la société. Les médiateurs numériques ont pour mission d’éduquer aux mondes numériques, on ne mesure que rarement l’importance du rôle sociétal que nous avons. Continuons notre mission, abordons les faits de société, la société est numérique, nous en sommes les médiateurs.

Les absents du net

Desert sceneIls ne sont pas des oubliés de la révolution numérique. Ils ne sont pas des symboles de la fracture numérique.  Ils ont décidés de ne pas être présents sur internet. C est un choix de leur part. Pour autant, bien qu étant volontairement absents de ce réseau, ils ont une idée de ce à quoi il doit ressembler.Ils ont en charge le monde de la jeunesse et sont directeurs de collèges, lycée, maisons de jeunes…et autant ils sont absents des mondes numériques autant ils ont une idée assez particulière de ces univers.

Du digital natif au digital naïf

Ils véhiculent l’idée que les jeunes sont des surdoués des mondes numériques. Les digiborigènes connaissent tout du fonctionnement des outils et univers numériques et cette connaissance est innée. Pour autant, combien d’élèves de terminale sont en capacité d’ envoyer une pièce jointe par mail en copie carbone invisible à un tiers ? Combien d autres sont en capacité d’expliquer ce qu’est internet ? Qui a déjà lu les conditions générales d’utilisation de Facebook ? Comment expliquer la levée de boucliers des internautes envers Hadopi ? Qu’est ce quel open data. ? la géolocalisation ? Non, nos jeunes ne connaissent pas le monde dans lequel ils évoluent. Et oui c est bien à nous, adultes, de leur apprendre. Nous ne pouvons pas nous contenter de pointer du doigt les lacunes d’un élève de 10 ans et rester sur le mode déclaratif « il ne sait pas faire, il n’a pas conscience de… » et dans le même temps rester passifs devant cette lacune.

Se former pour mieux former

Dans de nombreux collèges, on me fait part de supposées pratiques numériques des jeunes qui ne vont que dans le sens de la stigmatisation. Et c’est cette angle de vue bien étroit qui mène ces collèges à faire appel à des associations surfant sur les peurs du web. On pourra se référer aux articles d’OWNI sur le sujet dont « Peurs sur le Web » et je partage l’avis de ceux qui trouvent ces présentations anxyogènes n’offrant pas une vision constructive d’internet.Pour passer ce stade de la peur, il me semble impératif de former les personnels éducatifs aux pratiques numériques des jeunes. L’équipe pédagogique ne peut se contenter de sous traiter la question de l’éducation au numérique à un prestataire extérieur sans s’en emparer elle-même.

Le médiateur numérique doit pouvoir être en capacité d’accompagner, voir de former les équipes aux enjeux éducatifs du numérique. C’est en ce sens, en ce qui me concerne que je me suis engagé dans une démarche de C2i2e, qui ferra l’objet d’un retour prochainement.