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Qui fait l’info sur le net ?

News Stand @ Beijing City
Il y a quelques semaines de cela dans le cadre de la semaine des médias à l’école, la question posée était : qui fait l’info ?  S’il n’est pas toujours facile de savoir qui fait l’info, par contre il est certain que l’info se fait sur internet.

Le twitter buzz

Twitter semble s’imposer de plus en plus comme le média du temps réel.  Cela est surement du à la simplicité d’utilisation du service et à l’audience qui peut être générée par un bon message. Cette montée en puissance de Twitter n’est pas sans poser quelques soucis notamment aux médias traditionnels. Comment le journaliste doit-il se comporter vis à vis de cet outil ? Peut-il diffuser de l’information sur Twitter au risque de ne pas garder l’exclusivité pour son média ? Peut il citer Twitter comme source au risque que certaines informations ne soient pas données par des journalistes mais par des citoyens ordinaires ? Comment peut-il alimenter un compte Twitter, sachant que chacun des ses gazouillis peut être repris (retweeté devrais-je dire) ou sera considéré comme une information fiable ?

L’avis du CSA

Quand les journalistes se posent des questions sur l’évolution, il y a plusieurs façons de répondre. La réponse du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, vient nous plonger tout droit dans la quatrième dimension. Pour se faire une idée plus précise des conséquences de cette décision il convient de se reporter au billet de Jean Christophe Dupuis-Rémond sur son blog (auquel la syndication est vivement recommandée). Quelques jours plus tôt, en pleine tourment #DSK c’est canal Plus qui s’illustrait en interdisant à ses journalistes de twitter alors que ceux-ci se servaient de Twitter pour informer. Le fameux web 2.0, ou web social en portant tous les internautes en qualité de contributeurs a fait de chacun d’entre nous une source d’information. De fait le métier de journaliste évolue et les « indics » des séries noires deviennent des « twittos ». Le journaliste se mue ainsi en manager de communauté virtuelle, à défaut de faire l’info, c’est lui qui en atteste et en vérifie la qualité.

En ce qui me concerne, je vous invite à poursuivre la conversation sur mon compte twitter @emediateur

Trois règles pour bien râter sa web-campagne électorale

Vote Here Dans l’indifférence généralisée, nous venons de procéder à l’élection des derniers conseillers généraux.  Au delà de cette élection, je me suis intéressé à la manière dont les candidats aux élections locales utilisaient le web comme outil de propagande.  Force est de constater qu’en matière d’usages à internet, les élus (et au delà les candidats) sont loin des usages moyens.

Règle 1 : ne pas dire qu’on est sur le web.

Dans le canton que j’ai observé avec le plus d’attention seuls deux candidats sur sept avaient une présence connue sur internet. Présence connue est déjà un grand mot. En effet, j’observe la vie citoyenne de cette commune depuis plus de dix ans et la présence des blogs de ces deux candidats éteint connus  plus par le fruit de recherches personnelles que par une campagne de communication quelconque de l’un ou l’autre des candidats. Sans surprise aucun de ces deux candidats n’a mentionné l’existence de son blog sur ses éléments de communication de campagne (tract, affiche, profession de foi). D’où une question assez bête mais à quoi peut servir un blog si on n’en communique l’adresse à personne ? Quelle est l’utilité pour un candidat à une élection locale de posséder un tel outil de communication ?

Règle 2 : la communication ne se fait que dans un sens.

« Je suis quelqu’un de très ouvert au dialogue » prétendait l’un des candidats. N’en doutant pas une seconde, je me rends sur son blog pour y constater que je n’ai pas la possibilité de glisser un seul commentaire (fusse t-il en sa faveur). Ce candidat est surement quelqu’un de très ouvert au dialogue mais en tout cas pas sur le web, il a choisi de rendre l’internaute complètement muet. Même le formulaire de contact de son blog renvoit vers la personne qui a réalisé le blog… Quant à l’autre candidat c’est un peu mieux, il faut le concéder. Il permet à l’internaute de commenter mais modère les commentaires (ce qui sommes toutes peut se comprendre lorsqu’on est en campagne électorale). Là où c’est amusant c’est quand il ne publie pas les commentaires mais qu’il publie des copiés collés de certains commentaires avec des coupes bien entendu ! Inutile de dire que dans ces conditions les commentaires publiés sont toute à la gloire du candidat….

Règle 3 : mes idées sont miennes, défense d’en parler.

En consultant les mentions légales de blogs de candidats, je fus très surpris d’y voir figurer cette mention : « toute reproduction et/ou représentation, partielle ou totale, est strictement interdite sans accord préalable » ! Ah ? En admettant donc qu’un article d’un candidat me plaît je n’est surtout pas le droit de le partager. Curieux. Si par hard il me venait à l’idée de vouloir faire pointer un lien vers le site de ce candidat, les mentions légales me rappellent que le candidat « n’est pas responsable des liens hypertextes susceptibles de pointer sur son site. Il interdit la mise en place de tels liens sans son accord préalable écrit. »

Bien entendu aucun des candidats n’est présent sur les réseaux sociaux, que ce soit à titre personnel, ou au titre d’un groupe type « pour que machin soit élu ». Il ne faudrait surtout pas utiliser ces outils qui déshumanisent les relations. Il est bien plus efficace d’organiser une réunion de quartier traditionnelle avec dix personnes. Une récent article dans la lettre du cadre territorial nous apprenait que « les élus municipaux sont ainsi, comme l’ensemble de la population française, une écrasante majorité à disposer d’une connexion internet, que ce soit en mairie (96%) ou à leur domicile (79%). En revanche, alors que près d’un citoyen français sur deux (45%) dispose d’une page Facebook, seuls 17% des élus peuvent en dire autant. »

Nous ne pouvons donc que constater cette fracture numérique qui est souvent couplée avec une fracture générationnelle. Comment ne pas se rappeler les remous qu’avait crées le Député Tardy qui avait oser twitter depuis l’Assemblée Nationale ? Ce qui est inquiétant c’est que ce sont nos élus qui décident des orientations à prendre en matière de médiation numérique. Il est donc de notre devoir de médiateur numérique de nous consacrer à ce public si particulier afin que nous puissions mener à bien nos missions. regardez comment vos élus s’emparent du web dans votre commune et n’hésitez pas à nous faire des retours.

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