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Médiation numérique et culture

La nuit européenne des musées se déroule ce samedi 14 novembre. Après un premier report en raison du confinement, le Ministère de la Culture, cette version de la nuit des musées se déroulera en ligne. Cette initiative a pour objectif de rendre la culture accessible à tous, depuis chez soi, explique le ministère. A tous, sauf aux 20% de Français éloignés du numérique.Quelles formes de médiations numériques culturelles pouvons nous imaginer ? Comment le numérique impacte nos établissements culturels ?

Médiations culturelles numériques

Les établissements culturels ont souvent recours à des médiateurs culturels dans leurs équipes. Ces intervenants travaillent souvent en lien avec les structures d’intervention sociale du territoire. A quel moment le numérique est il utilisé comme outil de médiation ?

L’animateur de la MJC réalise des courts métrages avec ses ados. Est-ce qu’il travaille avec le médiateur du cinéma d’art et d’essai pour donner des éléments de culture cinématographique ? Une de mes collègues animatrice en centre de loisirs a réalisé un rallye photo dans la ville. Je lui ai proposé de participer au concours WikiLovesMonument. Ainsi les enfants ont pu modifier Wikipédia et s’approprier un objet culturel. La fierté de Jordan 8 ans, de voir sa photo sur Wikipédia n’a pas de prix. L’an dernier le musée à deux pas de chez moi a organisé un Museomix version enfants. Une après-midi durant laquelle les gamins ont pu bidouiller avec des makey-makey et détourner les œuvres du musée.

Le numérique crée du lien et la culture est essentielle. Prenez un ordinateur portable, un vidéo projecteur et rendez-vous dans un EHPAD. Vous pouvez organiser ainsi organiser une visite virtuelle du Prado. Vous pouvez tout autant assister à un opéra, un concert de métal ou revoir un documentaire d’ARTE.

Et la culture numérique ?

Le numérique est un objet culturel en tant que tel. En tant que responsable d’un établissement, il est fondamental d’en saisir les codes culturels. Ainsi en diffusant vos œuvres sur Facebook vous vous exposez à la censure de ce dernier. En effet, on ne compte plus le nombre d’œuvres censurées par le réseau social pour cause de « nudité ». Cette excellent vidéo de l’office de tourisme de Flandres nous rappelle avec humour, l’absurdité de la question.

La question du contournement de la censure par les artistes n’est pas propre aux réseaux sociaux. Néanmoins, elle nous rappelle le rôle que nous avons. Elle pose la question de notre responsabilité en tant qu’acteurs du monde cultuel d’entretenir ou de contourner ces pratiques. Justement. le « hacking » (au sens premier de contournement et non de piratage) est un des fondement de la culture web.

Médiation numérique et culture

La médiation numérique consiste à donner des éléments de culture numérique à chacun. Grâce à ces éléments de culture numérique, chacun peut agir dans la société numérique. Dès lors que la culture numérique est la base de la médiation numérique, la place des établissements culturels dans une politique de médiation numérique à l’échelle du territoire est évidente. Les établissements culturels et socioculturels doivent être au centre des stratégies d’inclusion numérique locale. L’accès aux droits est souvent la porte d’entrée des politiques d’inclusion numérique. A nous de faire valoir que le droit à la culture constitue le socle de ces droits.

Qu’est-ce que la médiation numérique ?

La « Médiation Numérique » désigne la mise en capacité de comprendre et de maîtriser les technologies numériques, leurs enjeux et leurs usages, c’est-à-dire développer la culture numérique de tous, pour pouvoir agir dans la société numérique.

Portail de la médiation numérique

La culture numérique pour tous.

La médiation numérique vous permet de comprendre le monde dans lequel nous évoluons . Chaque jour nous pouvons mesurer l’impact du numérique sur nos actes quotidiens. Le médiateur numérique apporte les éléments de culture numérique pour permettre à chacun de faire un choix éclairé en matière de numérique. Le numérique est avant tout un sujet de société. Il implique des éléments techniques, mais qui ne sont pas indispensables pour se prononcer sur la nature de la solution. Le médiateur numérique montre les chemins possibles. Puis il vous accompagne dans vos choix.

Les enjeux

Les enjeux sont nombreux et complexes. Les fake news se propagent et font des ravages. Cela implique des réponses en terme d’éducation aux médias. Les GAFAM exercent un contrôle jugé comme trop important, y compris par les autorités numériques. Comment pouvons nous reprendre la main sur ces outils ? L’impact écologique du numérique est un sujet de préoccupation de plus en plus présent. Pouvons nous concevoir des outils numériques et durables ? La participation citoyenne aux élections est en baisse constante et dans le même temps les habitants demandent à être associés aux décisions du quotidien. Les civictech peuvent elles répondre à cet enjeu ? Comment l’Opendata peut il être un moteur d’attractivité pour le territoire ? Que pouvons nous mettre en place pour renforcer la place des femmes dans le secteur du numérique ? La médiation numérique s’inscrit dans chacun de ses enjeux et dans bien d’autres encore.

Agir dans la société numérique

Ce qui caractérise la fonction du médiateur numérique c’est de s’adresser plus particulièrement aux personnes les plus éloignées du numérique. Cela représente environ 20% de la population. Cette partie de la population présente très souvent des difficultés sociales. Ainsi la priorité du médiateur numérique est de permettre l’accès aux droits de ces personnes. Donc l’enjeu est bien d’éviter que ces personnes soient dans une situation plus précaire. Certes, il s’agit d’un enjeu fondamental, mais il ne doit pas occulter les autres enjeux. Pour pouvoir articuler ces enjeux, il faut s’appuyer sur des dispositifs adaptés. Rendez-vous dans un prochain billet.

Vous reprendrez bien un peu de culture numérique ?

Science sans conscience…Comme la conscience s’éveille, je vous propose une sélection de ressources pour éveiller votre conscience numérique.

Je remercie Pierre-Marie BONNAUD qui a eu la bonne idée de lancer un sujet sur Twitter pour causer culture numérique. Forcément de nombreuses références sont communes. Inévitablement, il en manque. Consultez la sélection de Pierre-Marie BONNAUD sur Twitter.

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Une goguette dans l’ombre des p’tits malins

Ce samedi 20 octobre, nous sommes allés en famille à la Goguette des Mouflettes organisée par l’Espace Grangette. Cela a été un moment très sympa. Les enfants ont profité des ateliers avant de voir un beau spectacle de théâtre d’ombres et de partager un goûter. Toute cette prestation était gratuite et aurait mérité un peu plus de monde. D’après moi il y avait une trentaine, voire une quarantaine de participants à cet événement dont les 3/4 étaient venus par le centre social.  L’Espace Grangette et le Centre Social sont gérés par le même opérateur. Cet opérateur a organisé une manifestation pour laquelle il a mobilisé des moyens humains, logistiques et financiers pour un résultat assez faible. Car pour garnir les rangs de son immense salle (jauge de 200 places), ce même opérateur a mobilisé des moyens supplémentaires en terme de personnel. Au final, le résultat ne me semble pas à la hauteur des moyens dépensés.

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La culture au futur et à mesure

Quand on va à un concert on parle généralement de la musique. Ce soir là en allant voir « Au futur et à mesure » à l’espace Grangette de Thonon, j’ ai vu des choses qui me semblent bien plus intéressantes à relater que l’aspect artistique. Il faut dire que sur l’aspect artistique pur, je ne serai peut-être pas le meilleur juge qui soit. On peut faire de la musique depuis son plus jeune âge, avoir exercé à titre professionnel ou semi-professionnel pendant une grosse dizaine d’années et avoir des lacunes sur des pans entiers de la musique. C’est justement le cas en ce qui me concerne pour les  musiques urbaines au sens large du terme et du Rap en particulier. Question de culture, de parcours et de rencontres.Ce soir là donc, je ne suis pas venu à un concert de rap, je suis venu témoigner de mon amitié à un pote qui justement organisait un concert de rap. Pendant des années j ai été témoin et parfois facilitateur de la créativité de la jeunesse thononaise. Depuis des années j’entends toujours ce même refrain de la part de ces artistes et entrepreneurs amateurs (dans le sens ou ils n’en font pas leur métier) . Ils ne demandent pas grand chose. Ils demandent à pouvoir partager leur passion au plus grand nombre. D’autre part ils verraient d’un bon œil qu’on encourage et soutienne leurs initiatives. Cela  passe par des choses aussi simples que faire acte de présence. Être présent est un acte gratuit. Être présent c’est la possibilité de faire des rencontres, de nouer des échanges et de partager une expérience commune d’égal à égal. La musique a ceci de magique qu’elle s’adresse à chacun de nous de la même manière même si chacun de nous la perçoit de manière différente.

Ce soir là, j’ ai vu des gens qui se donnaient du mal pour faire bouger les choses à leur manière avec une once d’insouciance et de maladresse qui rend leur démarche remarquable. J’ai vu des gens qui malgré les obstacles avaient le souci de remplir la mission qu’ils s’étaient fixée. Quand les obstacles surviennent dix minutes avant le début d’un show, on peut être tenté de baisser les bras. Pas eux. Eux ont levé la tête, retroussé les manches et trouvé des solutions. Action, réaction, adaptabilité et poursuite des objectifs. S’ ils portaient un costume cravate on louerait leurs qualités d’entrepreneurs.  C’est ce que j ai vu ce soir là des entrepreneurs. Comme tout entrepreneur ils ont mobilisé leur réseau, qui a répondu présent. Comme tout entrepreneur ils aspirent à gagner de nouveaux marchés.

Il me semble intéressant de noter que ces artistes mobilisent déjà plus qu’un réseau. Ils mobilisent une communauté qui adhère aux valeurs qu’ils portent . Ces valeurs en l’occurrence,  s’inscrivent dans la promotion des cultures urbaines. Le public vient bien sûr pour partager un moment musical. Mais au-delà il vient aussi et surtout soutenir une démarche. En d’autres termes le public (une bonne part) est dans un acte militant, un acte politique au sens premier du terme. Une démarche que ceux qui font de la politique ont décidé d’ignorer.  Il est grand temps de renouer les liens avec notre jeunesse, de remettre la ville en mouvement, en synergies.