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Impro et n’importe quoi

Auteur : Brenda Starr. Licence : By Source : Flickr

Auteur : Brenda Starr. Licence : By Source : Flickr

Quand on se retrouve pris au dépourvu, on improvise.  Dans le langage courant « improviser » c’est faire n’importe quoi. Récemment j’ai eu à faire avec une personne qui voulait improviser une séance d’improvisation. Âmes sensibles s’abstenir..

Impro free style

Ceci n’est pas une fiction. Je suis animatrice BAFA en formation, je souhaite réaliser  une séquence de théâtre d’improvisation. Je n’ai jamais fait de théâtre d’improvisation (ni de théâtre du reste), je n’ai  pas vu un spectacle de théâtre d’improvisation depuis un an (et encore dans un lieu dont même moi j’ignorais l’existence, le tout dans ma propre ville ndlr). Je vais animer cette séquence en direction d’enfants de six-sept ans. Pour la concevoir, je vais me documenter sur internet et piocher des éléments dans un site qui me présente la méthode Stanislavski (très bon site au passage). Ma séquence est à présenter demain.

Un D.E. Impro

J’ai essayé de faire ce que j’ai pu pour la dissuader de présenter une séquence dans une discipline qu’elle ne maîtrisait pas. Je lui ai expliqué qu’au sein de notre collectif d’improvisateurs, nous ne faisions pas d’atelier pour des enfants de moins de huit ans et qu’il y avait une bonne raison. Je lui ai dit que la méthode Stanilavski était super mais que ce n’était pas en deux heures qu’on en faisait le tour et qu’à titre personnel, je n’étais même pas sur d’en avoir saisi correctement l’essence. Cela n’a pas fonctionné. Je suis allé voir son formateur BAFA (brevet pour être animateur de centres de loisirs) pour lui dire toutes les réserves que j’avais quant à cautionner la démarche de cette stagiaire, il m’a répondu qu’il n’y avait pas de Diplôme d’État d’Improvisation. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Encore moins quant on a à dix mètres de soi des personnes ressources, qui a défaut d’avoir un diplôme d’état, ont quelques années d’expérience dans cette discipline.

Mais bon, au final, la petite s’est bien débrouillée paraît il.  Elle est revenue me voir par la suite. Et on a parlé d’objectifs pédagogiques, de séquences, de public…bref on a préparé un peu mieux sa séance.

Le premier mois

free 'sweet' hugs

Je suis toujours un peu surpris quand je vois des troupes d’improvisation proposer un atelier d’essai pour les débutants en septembre. Je me demande sincèrement comment les animateurs de ces ateliers font pour permettre aux débutants de se décider à l’impro en deux heures. En ce qui me concerne, j’aime bien donner la première période (de la rentrée de Septembre aux vacances d’automne soient 6 séances en général) comme essai.

Confiance, écoute, acceptation

Le plaisir est le moteur de l’atelier, le plaisir va venir avec la confiance. Avoir confiance en un groupe d’inconnus ne se décrète pas en une séquence. Cette confiance, elle se construit petit à petit en apprenant à découvrir les autres et en se découvrant soit même. Même à l’issue de six séances on aura pas forcément confiance avec l’ensemble du groupe., on aura au moins accordé sa confiance (ne serait-ce que partielle) à l’un des membres.

Le groupe va pouvoir « progresser » (ce terme mériterait que je le définisse dans un article à part entière) quand chacune de ses individualités va pouvoir être à l’écoute des autres. Prendre soin de son partenaire, être à son écoute, l’accepter tel qu’il est et accepter ce qu’il me donne et enfin lui accorder sa confiance, tout ceci mérite plus qu’un cours d’essai.