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La sélection du coach

J’aime ce moment où j’annonce la composition de l’équipe qui va jouer le prochain match. J’aime ce moment car j’aime voir les yeux des joueurs qui brillent en disant « j’espère que je vais jouer ». J’aime ce moment parce que quand j’ai commencé, faire une sélection c’était essayer de convaincre untel de jouer parce que sinon nous ne serons pas six.  J’aime ce moment car il ne présente aucun autre enjeu que celui de savoir si on va avoir le plaisir de jouer. La sélection ce n’est pas une récompense pour les efforts fournis à l’entraînement et les performances obtenues toute l’année. Ce n’est pas pour moi non plus l’alignement d’une équipe type avec des titulaires indiscutables et des joueurs condamnés à cirer le banc des spectateurs. Dès lors qu’un joueur a suffisamment de bases pour pouvoir jouer, il peut alors jouer n’importe quel match. Le rôle du sélectionneur c’est de composer une équipe équilibrée avec des hommes, des femmes, des débutants et des confirmés. Il n’y a pas de ligue des champions à gagner, pas d’autres enjeux que de se faire plaisir. Dès lors pourquoi devrions nous faire une équipe A qui jouerait les matchs « prestigieux » et une équipe B qui jouerait les autres matchs ? Comment peut-on faire de l’impro si on est pas apte à intégrer un joueur débutant dans l’équipe sous prétexte qu’il débute ? Faire une sélection, c’est rappeler aussi les principes de base de l’impro : écoute, accepte et construits.

Comment choisir ses thèmes d’impro ? 

10712697_770672392999462_881554067947442643_nLes joueurs le savent, l’arbitre est vraiment le rouage essentiel du match d’improvisation. Il est d’ailleurs parfois appelé, Maître du Jeu ce qui révèle son emprise sur le bon déroulement de la soirée. C’est pourquoi il doit apporter un soin tout particulier au choix des thèmes et des catégories qu’il va faire jouer dans la soirée. Plusieurs éléments guident mes choix de thèmes.

Le type de spectacle

Entre un match, une soirée catch, une démonstration à la cafétéria du coin et la finale des championnats du monde, il me semble évident que l’on ne va pas procéder de la même manière. Si vous avez à faire à un public de connaisseurs (ou de supposés connaisseurs) ou de néophytes là aussi, il va falloir privilégier certaines catégories. Typiquement quand je pars en terre inconnue (face à un public qui n’a jamais vu d’impro par exemple), je sélectionne beaucoup de catégories simples à comprendre et avec un effet garanti en début de soirée (abécédaire, zones d’émotions, ça mérite une chanson…). Cela permet de mieux faire prendre la mayonnaise et d’aborder des catégories éventuellement plus complexes en deuxième partie de spectacle.

Enfin dans un match entre deux équipes, j’aime envoyer une présélections des catégories pour vérifier que les deux équipes les connaissent, ou à défaut qu’elles auront un peu de temps pour les travailler.

Un méta-thème

En ce qui me concerne, j’aime bien donner un fil conducteur au spectacle, en faisant en sorte que les trois-quarts des thèmes cartons soient en rapport avec ce thème global. Je dois arbitrer prochainement un match le soir de la St-Valentin, le thème général est évidemment tout trouvé…Je ne fais pas de ce point, un élément incontournable.

Ensuite, je fais un premier jet dans les catégories que j’ai envie de placer. J’essaie d’être « innovant » dans le choix des catégories en me référant aux catégories précédemment utilisées pour faire « tourner ». Bien entendu, l’objectif n’est pas de créer un roulement artificiel mais bien d’éviter de s’enfermer dans une sélection attendue de catégories.

Grosso-modo je prépare un cocktail avec un tiers des improvisations en comparée et également un tiers de catégories libres. Je prépare une improvisation toutes les trois minutes (ainsi pour une heure de spectacle, vingt cartons seront préparés) ce qui me permet au dernier moment d’écarter certains cartons. Je positionne une improvisation de durée moyenne à longue toutes les trente minutes également. Tout ceci étant, bien entendu une préparation théorique qui pourra être remise en cause à chaque moment.

Enfin, dernier élément : dès que j’ai une idée de thème je la note. Cela sert toujours d’avoir des thèmes  prêts.

On se fait un match ?

GIPL vs LNI. Auteur Raphaël Vinot. Licence BY.

GIPL vs LNI. Auteur Raphaël Vinot. Licence BY.

On se fait un match ? Telle est la promesse que se font souvent deux équipes d’improvisation pour avoir le plaisir de se rencontrer. Si dans d’autres disciplines sportives cette question serait relativement claire, en improvisation force est de constater que le terme « match » ne répond pas à la même définition.

Fixer les règles ?

Une des choses qui m’étonne le plus lorsqu’il s’agît d’un match avec une autre équipe est la question du format. Vous jouez selon quel format ? J’aurais tendance à dire que s’agissant d’une rencontre unique le format serait celui d’un match « amical », pas de trophée à soulever, pas de championnat à gagner, un match juste pour le plaisir (que l’on ne s’y trompe pas on prend aussi du plaisir dans un championnat). Pour autant un lot de questions déferle quasi inévitablement. Combien de joueurs par équipes ? Vous faîtes les hymnes ? Vous jouez avec ou sans coach ? Pour en finir avec genre de questions qui ne devraient pas avoir lieu, suivons les règles décrites dans l’excellent site ressource autour du match d’improvisation. En plus ce sont les règles de la LNI !

Oui mais

On a pas trois filles, on vient de loin et sept personnes cela fait deux voitures etc…Effectivement ce n’est pas toujours facile d’avoir ces critères réunis et je ne parle même pas de la patinoire.Et bien si on joue à 5 contre 5 , n’appelons pas cela un match, mais une rencontre. Oui c’est jouer sur les mots mais si je pouvais éviter d’expliquer à chaque fois que « pour moi » un match c’est 6 joueurs avec un coach et qu’on joue les hymnes et bien cela serait plus simple. Quand on joue un match de basket à Antibes ou à Brest, les règles ne changent pas. Pourquoi devrait il en être autrement pour l’impro ?