Seins sur le net

Mike Powell from United States / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)

En toute honnêteté, je ne savais pas vraiment comment aborder ce billet. Il y a eu ce coup de gueule de Pauline Bression, actrice de la série Plus Belle La Vile. La raison ? Instagram avait décidé de censuré sa photo pour cause de téton visible. »On voyait que je n’avais pas de haut de maillot de bain sans pour autant être une photo nue, loin de là. Avec mon amie qui l’a faite, on la trouvait simplement jolie. Est-ce qu’un homme a déjà vu son post disparaître parce qu’on y devinait son téton ? À quel moment les règles de publication sur Instagram sont dictées par tant de machisme et d’hypocrisie ?! Tout ça me dégoûte !!!! Et quant aux 9 autres photos de l’album, elles ont disparu avec alors qu’on n’y voyait pas même une épaule ! Honte à ce machisme puant !«  »

Et puis il y a eu cette cliente refoulé d’un supermarché pour un décolleté juger choquant qui a donné lieu à une « manifestation » sur Twitter avec le hashtag #jekiffemondécoletté. Plus tôt, il y avait déjà eu le #LénaChallenge et sûrement d’autres encore qui ne me reviennent pas en mémoire. Peut on encore montrer des seins sur le net ?

Not Safe For Work

En cherchant une illustration pour cet article dans mes banques d’images habituelles, je trouve soit un ruban rose, soit au mieux une femme de dos. Il me faut aller sur Wilkimedia Commons pour trouver une photo de femme seins nus de face.En partageant ce billet, je sais que cette image va être censurée, car jugée offensante. Montrer les seins d’une femme est devenu de la pornographie. A tel point que pour faire la sensibilisation sur le cancer du sein on utilise désormais un ruban rose. L’affiche de Pauline Delpech constituant une « infraction à sa déclaration des droits et responsabilités » selon Facebook.

Pauline Delpech seins nus dans une campagne invitant au dépistage du cancer du sein

Les réactions sont parfois déconcertantes. Certes,l’incompréhension prime. Mais dans le même temps le chemin de la censure progresse, petit à petit. « C’est abusé, ce n’est pas comme si… » Comme quoi ? On soutient cette cliente parce que son décolleté est acceptable ? Si elle avait eu un décolleté vertigineux laissant peu de place à l’imagination qu’aurait on dit ? De toutes façons cela aurait pu être sa silhouette, la longueur de sa robe, la couleur du maquillage, le fait qu’elle « ose » s’afficher en maillot de bain, ou qu’elle porte un jean pour aller l’assemblée nationale…(rappelez vous le tollé provoqué à l’époque par Cécile Duflot.

Changer les codes

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Les règles sont absurdes et il nous faut les changer. Le web est un truc de mecs pour les mecs. On s’achète une vertu en censurant des contenus « offensants » tout en ayant un onglet ouvert sur Youporn.Il faut changer la donne.Il nous faut vraiment plus de femmes dans les métiers du web. Il nous faut plus de femmes dans les postes à responsabilité dans le même temps.Il nous faut aussi soutenir, je crois, ces manifestations virtuelles des femmes. Nous devons également développer nos propres outils. Le pouvoir de Facebook est entre nos mains. Nous, médiateurs numériques, connaissons des outils où une photo d’une femme qui allaite ne sera pas une offense,mais un message d’amour.

Nous devons également porter une attention toute particulière à nos jeunes filles. Nous devons leur donner les clefs.Nous avons le devoir de les initier au code.L’enjeu est bien de construire une société dans lesquelles elles pourront grandir en s’épanouissant.

(2 commentaires)

  1. Merci pour ce témoignage, je ne pensais pas qu’on en était là…
    Pour les féministes, c’est grave et désolant (pour les autres semble-t-il aussi d’ailleurs, et c’est tant mieux..)
    J’essaie – en tant que femme, qui plus est, senior – de prendre ma part (très, très modeste) sur les questions du numérique. Rassurez moi, peut-on oeuvrer à la cause du numérique des usages, sans passer par le code ? A lire beaucoup de posts, de sites web, il semblerait que non. Je trouve que c’est dommage de revenir toujours au code…
    Mais je suis d’accord avec vous, plus de femmes dans le numérique, oui, ça devient urgent.

    1. Bien sur nous pouvons œuvrer à la cause du numérique sans passer par la maîtrise du code. Cependant le code c’est la loi. Il est donc primordial qu’l y ait des femmes qui s’en emparent.

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